Gürt et le Hareng Fermenté

... ou le voyage dans le pays qui venait du froid

Liberté perdue

10/08/2006 à 12:00:00

Aujourd’hui, j’étais en train de nager, je parlais avec un copain, et puis d’un coup sans qu’on s’en rende compte, on s’est retrouvé sur le chemin pour aller au fumoir.

Le fumoir, c’est là où on fume.

Le poisson bien sûr.

Pour y aller on a pris les transports en commun, on était un peu serré y avait énormément de monde.

D’ailleurs un moment j’ai cru que je l’avais perdu, j’ai essayé de lever la tête, de me trémousser parmi tout ce monde pour le chercher du regard, et ... ouf ! Il était un tout petit peu plus loin. Je crois qu’il était en train draguer, mais bon en face elle avait pas l’air très réceptive. Elle le regardait avec des yeux de merlan frit. Moi, jalouse ? pfffff.

Bref, une fois arrivé au fumoir, tout le monde est descendu, on nous a divisé en groupe, et dirigés vers différentes salles.

A partir de ce moment, tout s’est enchaîné : le tapis roulant, la grille brûlante, la chaleur étouffante.

Mais le pir restait à venir. Après quelques heures de ce sauna imprévu, on nous a amené dans une autre salle, et la dernière chose dont je me souvienne c’est le reflet du soleil sur la lame du couteau, foncant sur moi. D’habitude, vraiment je suis pas sensible. Mais là, j’avoue, j’ai flippé ma race, et j’ai tourné de l’oeil.

Quand j’ai repris connaissance, je pouvais à peine bouger, à peine respirer. Et pour cause : on m’avait déposé sur une petite plaque argenté, et on m’avait enfermé dans du plastique.

Moi. Plastifiée. Franchement j’ai failli chialer. J’aurai jamais cru finir comme ça.

J’avais même une étiquette, avec un numéro d’identification, et ... un prix. Si jamais un jour je recroise Thonthon Raymond (oui je sais c’est pas gagné, mais bon l’espoir fait vivre), qui se la pétait avec ses discours philosophiques, et ces “tu sais mon ptit ... la vie, ça n’a pas de prix”, ben j’irai lui dire, en le regardant droit dans les yeux, sans ciller, que MA vie, elle coûte 19,90 SEK.

Au bout de quelques heures, y a une fille brune avec des cheveux frisés à en faire crever de jalousie sa petite soeur, qui se penche vers moi, qui me prend par la barquette, et qui me regarde, sourcils froncés, lèvre supérieur exagérément relevée.

Bah vas-y !!! Dis-le si je te dégoûte !!!

Mais finalement elle m’a jeté dans son panier.

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